Le loup qui voulait mourir avec les hommes

L’animal sauvage, affaibli et infesté de parasites, s’était laissé approcher par la jeune femme près du village d’Angoustrine (Pyrénées-Orientales) pour vivre ses dernières heures.
Deux jours après sa rencontre avec le loup d’Angoustrine (Pyrénées-Orientales), Lindsay Negre, passionnée de faune sauvage, est encore sous le choc. « Je suis triste. J’ai encore de la peine. Je crois que je ne l’oublierai jamais. La première fois que je l’avais rencontré, il m’avait laissé l’approcher pour faire des photos de lui, à 10 m à peine, pendant un très long moment, sans agressivité aucune », raconte la jeune femme qui avait retrouvé mardi le loup au bout de sa vie.
A bout de forces, épuisé, l’animal s’était laissé capturer en douceur par Lindsay. Elle l’avait ensuite transporté puis abrité sur une couverture dans un garage de cette petite commune de moyenne montagne couverte de neige. Les pompiers et les agents de l’Office national des forêts et de la faune sauvage l’avaient ensuite pris en charge, mais avaient dû se résoudre à l’euthanasier.

«Il ne parvenait pas à se tenir sur ses pattes»
« Il ne fuyait pas, bien au contraire. J’avais peur qu’il aille sur la route pour se faire écraser ou provoquer un accident. Un ami m’a donné une corde. Je me suis approchée. J’ai réussi à lui passer la corde autour du cou. Il n’était pas agressif du tout. Et ainsi je l’ai guidé vers le garage. Je suis restée près de lui. C’était la fin. Il ne parvenait pas à se tenir sur ses pattes », raconte encore la jeune femme qui l’avait recherché pendant des jours dans la forêt après leur première rencontre.
« Je voulais le revoir pour refaire de belles photos. Je ne pensais même qu’à ça. Le premier jour, j’étais repartie avec des étoiles plein les yeux. Et il m’a fait ce grand plaisir de croiser à nouveau mon chemin », poursuit celle qui estime que l’euthanasie était inévitable, compte tenu de son état physique.
Après sa mort, la dépouille du loup a été acheminée vers le laboratoire d’analyse des Pyrénées-Orientales pour une autopsie complète. Il s’agit de rechercher les causes de sa mort. Des prélèvements seront réalisés afin de procéder à des analyses génétiques pour découvrir les origines du loup d’Angoustrine et son statut d’hybridation. Ultime et unique contribution à la science du loup qui voulait mourir parmi les hommes.

http://www.leparisien.fr/societe/je-ne-l-oublierai-jamais-lindsay-a-recueilli-le-loup-qui-voulait-mourir-avec-les-hommes-31-01-2019-8001408.php

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